En 2026 …

L’ECOUTE DU PSYCHOSOCIOLOGUE
AU CŒUR DES TENSIONS CONTEMPORAINES

Coordination assurée par : Sophie Goutte, Jamal Lamrani, Isabelle Pautrat et Delphine Vincenot

:.

Les conférences se tiennent de 18h30 à 20h30 en visioconférence et sont gratuites

:.


:.

Voie d’accès à la connaissance, à la compréhension et à l’interprétation de l’expérience vécue par le sujet, l’écoute est une compétence essentielle du psychosociologue. L’écoute psychosociologique est une écoute multidimensionnelle du sujet humain, attentive aux scènes intrapsychiques et sociales dans leur expression spécifique et dans leurs interactions. C’est aussi une écoute située politiquement, au service du projet démocratique d’autonomie individuelle et collective.

Centré sur les tensions des situations, le psychosociologue écoute en tiers. Il s’appuie sur les potentialités de dégagement de chacun.e pour permettre au sujet et au groupe, de se saisir de ce qui se vit comme inextricable, de se remettre en mouvement face à ce qui fait butée. Cette écoute agissante instaure un climat de réflexivité, elle invite les individus à mobiliser une parole subjective pour s’approprier leur expérience et elle soutient le travail de conflictualisation nécessaire à la construction du sens.

Si l’écoute psychosociologique produit des effets de transformation puissants, écouter ne va pas de soi. C’est une compétence professionnelle que le psychosociologue cultive continuellement par l’enrichissement d’un socle théorique de référence et par l’engagement dans des dispositifs d’analyse de son implication (supervision, intervision). En situation d’intervention, favoriser l’écoute du sujet « par lui-même » et l’écoute réciproque au sein des collectifs, requiert des cadres solides pour contenir les angoisses et les résistances inhérentes à la mise en travail. Accueillir le point de vue de l’autre, réguler les rapports entre chacun et à l’objet commun nécessitent des conditions de présence, d’espace et de temps, pour assurer une traversée suffisamment sécure des processus de travail.

Ces conditions impératives apparaissent de plus en plus malmenées dans une époque bruyante, où les flux continus d’information et de désinformation, relayés et amplifiés par les réseaux sociaux, captent et morcellent la disponibilité psychique du sujet. Par ailleurs, face aux pertes de repères et à La montée de l’insignifiance, on assiste à une polarisation et à un raidissement des opinions dans l’espace commun. Les logiques d’affrontement des identités et des systèmes de normes semblent l’emporter sur une culture de la délibération. L’écoute, alliée de la parole démocratique apparaît reléguée au second plan, au profit d’une pratique du « clash » caractérisée par la violence verbale et la volonté d’annuler l’autre.

Si le besoin existentiel d’écoute de l’individu demeure, les réponses sociales tendent à se mécaniser et à se fragmenter. Dans les organisations, la multiplication des cellules d’écoute et des dispositifs spécialisés participe d’un mouvement d’externalisation et de standardisation de l’écoute. Les pratiques désormais courantes, de recours à l’IA dans une fonction thérapeutique ou de conseil normalisent une écoute déshumanisée.
Cette prolifération d’offres nouvelles donne l’illusion que l’écoute constituerait en elle-même une solution, indépendamment des registres mobilisés, des cadres institués et du travail d’élaboration de la parole.

Dans ce paysage social, où domine une « offre de décharge », principalement orientée vers le soulagement rapide et la contention des émotions, par opposition au travail du sujet porté par l’écoute clinique et démocratique, peut-on craindre que l’offre psychosociologique soit menacée ? Au contraire, peut-on affirmer qu’elle redouble de pertinence, pour soutenir les émergences créatrices, pour accompagner les initiatives collectives fondées sur le désir de « faire société autrement », pour penser la résistance du sujet réflexif ?

Par la rencontre avec des praticiens, le CIRFIP propose d’explorer, dans son cycle de conférences, les enjeux et les pratiques de l’écoute psychosociologique au cœur des tensions contemporaines.

:.

REPLAYS

Le 25 novembre 2026 – Du bruit et du silence :
la débrouille de l’intervenant.e clinicien.ne à l’écoute des groupes.

  • Intervenante : Géraldine Gimenez, intervenante clinicienne dans le champ socio-éducatif, animatrice de groupes d’analyse de pratique. Enseignante à l’Université Paris Est Créteil, en animation socioculturelle et intervention sociale
  • Discutante CIRFIP : Delphine Vincenot, psychosociologue

Le 28 janvier 2027 – Ecouter les émotions, les affects et les sentiments au cœur des troubles écologiques.

  • Intervenant : Jean Le Goff, psychosociologue clinicien, membre du Centre ESTA et chercheur associé au Laboratoire de Changement Social et Politique (Université Paris-Cité). Il est l’auteur de Politiser l’éco-anxiété (Editions du Détour, 2025).
  • Discutante CIRFIP : Isabelle Pautrat, psychosociologue

Le 24 mars 2027 – Race, colonialité et psychanalyse : écouter les minorisations croisées.

  • Intervenant : Thamy Ayouch, Professeur des Universités (Université Paris-Cité), psychanalyste.
  • Discutant CIRFIP : Jamal Lamrani, psychosociologue

Le 10 mai 2027 – Anatomie d’une écoute psychosociologique clinique.

  • Intervenante : Elsa Tuffa, psychosociologue clinicienne, membre du centre ESTA, chercheuse associée au Laboratoire de Changement Social et Politique de l’Université Paris Cité
  • Discutante CIRFIP : Sophie Goutte, psychosociologue clinicienne, psychanalyste

Les prochaines conférences

En 2025 …

INTRODUCTION AUX PENSEES DECOLONIALES QUELS TISSAGES AVEC LA PSYCHOSOCIOLOGIE ?

Coordination assurée par : Sophie Goutte, Jamal Lamrani, Isabelle Pautrat et Delphine Vincenot

:.

Les conférences se tiennent de 18h30 à 20h30 en visioconférence et sont gratuites

:.

:.

A la suite de la conférence de Sophie Hamisultane, en juin 2024, sur la déconstruction de l’héritage colonial, le CIRFIP propose en 2025, un cycle de rencontres pour continuer à explorer les pensées décoloniales et ouvrir une discussion avec les psychosociologues. En effet, cette conférence a donné à voir la part souvent non interrogée, dans nos pratiques de groupes ou d’intervention, des effets de position liés à l’histoire héritée de la domination occidentale et du colonialisme, sur la prise de parole et la capacité d’écoute de l’expérience de l’autre.

Nées en Amérique du sud dans les années 1990, en se différenciant des études subalternes et des études postcoloniales, les études décoloniales ont pour objet d’analyse la persistance, dans l’après-coup des colonisations, de la « matrice coloniale du pouvoir », instituée comme condition du développement du capitalisme. Elles s’efforcent de rendre compte du racisme et des dominations épistémiques, linguistiques, économiques, sexuelles, esthétiques, spirituelles qui demeurent opérantes et entravent l’achèvement du projet de décolonisation.

Courant aujourd’hui pluriel et dispersé géographiquement, les pensées décoloniales visent l’émergence d’un « système-monde » alternatif à celui de la modernité et vont de pair avec le développement d’une épistémologie dite « frontalière » qui échappe aux logiques de disciplines académiques et promeut un dialogue des cultures et des ontologies à l’échelle mondiale.

Nous partons du constat que ce courant majeur de la pensée critique contemporaine qui est régulièrement, en France, l’objet de polémiques dans les discours médiatiques, politiques et universitaires, est d’abord mal connu, et qu’il doit être appréhendé dans sa pluralité et son originalité pour susciter dialogues et débats.

Ce cycle de conférences a vocation à faire découvrir ces pensées autant qu’à donner les moyens, par des exemples concrets d’interventions, d’ouvrir de nouveaux terrains à l’élaboration. Il s’agit d’établir la possibilité d’une pensée nuancée et de poursuivre par de nouvelles voies la visée d’émancipation qui soutient la pratique psychosociologique.

Comment la colonialité traverse les situations d’intervention et les psychosociologues dans l’activité ? Comment la colonialité peut se constituer comme objet d’intervention, comme objet de recherche pour les psychosociologues ?

Quels voisinages/distinctions entre les débats épistémologiques qui traversent la psychosociologie et ceux qui traversent les études décoloniales ?

En quoi les études décoloniales peuvent-elles être une ressource pour penser la montée actuelle des populismes ?

Une première conférence introductive permettra de s’inscrire et de se repérer dans le champ des pensées décoloniales. Les conférences suivantes présenteront différentes expériences par lesquelles des intervenant.e.s se sont laissé.e.s interpeller par ces questions et en montrent l’intérêt dans différents contextes.

:.

REPLAYS

Le 10 février 2025 : Décoloniser les savoirs

  • Intervenante : Seloua Luste Boulbina, philosophe et politiste. Spécialiste des études postcoloniales, elle a été directrice de programme au Collège international de philosophie de 2010 à 2016. Chercheuse associée à l’Université Paris Cité, elle s’intéresse aux questions postcoloniales dans leurs dimensions politiques et culturelles et collabore à de nombreuses revues.
  • Discutante CIRFIP : Isabelle Pautrat, psychosociologue

Le 31 mars 2025 : La colonialité objet d’intervention du psychosociologue

  • Intervenant : Jamal Lamrani, psychosociologue, intervenant dans les organisations et les collectifs. Il est membre du Réseau du Décolonial en Afrique du Nord, dont les recherches portent sur la décolonisation des savoirs et des imaginaires.
  • Discutante CIRFIP : Annie Charlotte Giust-Ollivier, psychosociologue, LCSP

Le 12 Juin 2025 – Penser autrement : récits décoloniaux, textile et voix féminines au Chili

  • Intervenante : Patricia Guerrero Morales, professeure à la faculté d’éducation de l’université pontificale catholique du Chili
  • Discutante CIRFIP : Delphine Vincenot, psychosociologue

Le 8 octobre 2025 : Au croisement de l’approche clinique et décoloniale : penser le sujet dans sa complexité

  • Intervenant : Wilsot Louis, docteur en sociologie. Sociologue clinicien et du travail. Chercheur associé au Laboratoire de Changement social et politique
  • Discutant CIRFIP : Stéphane Tahri, psychosociologue clinicien

Le 15 Décembre 2025 : Recherche clinique en contextes plurilingues : comment donner la parole aux parents migrant·es sans les recoloniser ?

  • Intervenante : Rose Myrlie Joseph, Maîtresse de conférence stagiaire à l’Université des Antilles (Inspé de la Guadeloupe et CRREF – Contextes, Recherches et Ressources en Éducation et Formation)
  • Discutante : Sophie Goutte, psychosociologue, psychanalyste

Les prochaines conférences

En 2024 …

Aucune page ne correspond à votre recherche

Désolé, aucun article ne correspond à votre recherche

REPLAYS

En 2023 …

Coordination : Antoine Kattar, Xavier Léon, Jamal Lamrani.

Si le contexte sociétal est caractérisé par de nouveaux enjeux politiques et scientifiques (climatique, sanitaire, technologique, etc.) de plus en plus prégnants et difficilement prévisibles, en quoi retentissent-ils sur notre façon de penser et d’agir dans nos quotidiens ? Face à cette question, les psychosociologues tentent de déconstruire les implicites sociaux et psychiques, plus précisément d’élucider ce que vivent les sujets-acteurs du terrain à partir du sens qu’ils donnent aux phénomènes. La visée est alors de comprendre à la fois ce qui fait évènement pour soi, d’appréhender les autres points de vue et d’envisager des réponses suffisamment « décalées » afin de construire collectivement une dynamique de participation qui donne place à chacune et chacun.

Les membres du CIRFIP ou membres du comité de rédaction de la NRP ont publié des ouvrages où elles.ils évoquent notamment ces enjeux à partir de la mise en place de dispositifs d’intervention et de recherche- action dans plusieurs secteurs d’activités ou à partir d’un questionnement éclairant l’action des intervenant.es. Pour les Rencontres 2023 du CIRFIP, les auteur.es seront invité.es à mettre en discussion leur ouvrage afin d’explorer leurs contributions auprès des sujets-acteurs œuvrant dans différentes organisations.

:.

CONFERENCE du jeudi 1er juin 2023 : Pourquoi nous voulons tuer Greta. Nos raisons inconscientes de détruire le monde.
REPLAYS

Programmes des cycles précédents

2022

Écrire et publier la recherche et l’intervention psychosociologiques

2020

Sexe et genre – Représentation et enjeux actuels – Ajourné

2019

Ecrire et publier la recherche et l’intervention psychosociologique.

2018

La transmission dans l’intervention psychosociologique, entre ruptures et continuités

2017

La dimension institutionnelle dans l’intervention psychosociologique

2015-2016

La psychosociologie face aux anxiétés contemporaines

Voir le programme

2014-2015

Conflictualités et intervention psychosociologique

Voir le programme

2013-2014

Penser le cadre et le dispositif dans l’intervention

Voir le programme

2013

Actualité de la psychosociologie

Voir le programme

2012

Actualité de l’intervention psychosociologique

Voir le programme

2011

Les attentes et les atteintes de la démocratie

Voir le programme

2010

Programme 2010

Voir le programme

2009

Pratiques et recherches psychosociologiques

Voir le programme
CIRFIP.org